Indolente Idolâtrie

Mariette & Charly’s blood, Indolente Idolâtrie (exposition)

Germi­na­tions lentes

On le sait depuis long­temps, Mariette est capable de créer des hal­lu­ci­na­tions à un degré excep­tion­nel. Et Charly’s Blood lui emboîte le pas : preuve que bon sang ne sau­rait men­tir. Les deux parentes font mer­veilles, elles agissent venant assou­vir la ger­mi­na­tion « éro­tique » de manière méta­pho­rique et hors cli­chés. Cha­cune éclaire le com­por­te­ment humain par des vola­tiles : oiseaux magiques de Mariette, pipis­trelles de Charly’s blood. Tout papillonne, s’évase de manière clan­des­tine autour de la robe d’Aimée.. Le monde se trans­forme sinon en volupté du moins en ten­dresse impli­cite dans le tour­billon­ne­ment vital. Demeure l’histoire du laby­rinthe et de l’envol.
Une nou­velle fois, fidèle à sa poé­sie, Mariette cultive des images sau­vages, ébou­rif­fées qui semblent jaillir de l’inconscient. Le corps, la sexua­lité prennent des figures sub­tiles. L’image est habi­tée de souffle et de houle. Et les deux artistes laissent le regar­deur en état de recherche dans ce qui res­semble à des contes. Comme le genre l’implique, la magie et la peur se confondent.
Existe un bes­tiaire ou plu­tôt un flo­ri­lège au sens pre­mier du terme. L’ensemble reste de l’ordre d’une noce. Mais nul besoin de la nuit où l’époux prend la fleur. Il n’existe pas d’épines. La route du plai­sir n’est plus jalon­née de bar­rières. Tout bouge, tremble là où l’indicible règne et évite la chute en une suite de rela­tions entre l’être, l’art et les deux créa­trices dans leur filia­tion. Sous la diver­sité de formes sur­git une unité de motif plus que figu­ra­tion pro­pre­ment dite. Par le chant des formes propres à tou­cher le cœur.
Les deux artistes remontent vers ce qui remue, des­cendent vers ce qui demeure brû­lant : à savoir, la ques­tion de la généa­lo­gie, de la ges­ta­tion et celle de la nais­sance. En ce qui tient du sou­ve­nir mais aussi du futur dans la fable des œuvres comme celle des jours. Elles ne sont donc pas créées pour savou­rer l’écart entre pré­sence et absence mais pour tarau­der la sub­stance même l’intimité en pudeur et mystère.

jean-paul gavard-perret

Mariette & Charly’s blood, Indo­lente Ido­lâ­trie, du 14 mars au 14 avril 2017, Cité des arts de Chambéry.

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